Lettre d'info
Janvier 2011

 

BONO ANNADO !

BONNE ANNEE !
 


Que s'est-il passé en décembre ?

La sortie du guide d'activités 2011 du Conservatoire du Patrimoine

Cette année sera marquée de temps forts avec notamment :

> une exposition qui débutera au mois d'avril sur les premiers habitants du massif des Maures du paléolithique à l'âge du fer, associée à des ateliers, en partenariat avec le musée de Grimaud
>
de nouvelles animations à faire en famille
> un cycle de 8 balades pour découvrir les différentes facettes des Maures
> un nouvel atelier artisanal pour apprendre à travailler le cuir.

A suivre courant janvier la mise à jour de notre site internet

Restauration de la Croix de mission du Col de Vignon

La croix de mission qui surplombe le carrefour du col de Vignon est brisée depuis plusieurs années. Nous n’avons pas d’informations historiques la concernant.




Le 3 décembre, une rencontre avec Louis Novo, l’ancien forgeron, a été organisée dans son atelier. Il a procédé à la soudure des deux éléments de la croix en fonte.



 

La semaine suivante, la croix a été resoudée à sa base. Pour la consolider, deux pattes en fer ont été ajoutées sur la face arrière.

Une prochaine intervention à l’acide phosphorique permettra d’homogénéiser l’ensemble et de la protéger de la rouille.
Il ne reste plus qu'à l'admirer!









Au mois de novembre 2010, les jeunes de l’atelier bâtiment de l’IME de Sylvabelle, accompagnés de leur éducateur Alain Bouvard, ont décapé les deux parties de la croix brisée pour en enlever la rouille, ainsi que le morceau restant sur place.
 






 


Le coin des toponymistes

Les noms de lieux liés à la nature du sol

Dans la description que nous propose la toponymie, la nature du sol tient une place à la mesure de l’intérêt qu’elle présentait pour les générations d’agriculteurs et d’éleveurs qui ont, simultanément, façonné nos paysages et forgé les noms qui les désignent. C’est dire qu’il ne faut pas attendre ici une analyse, même sommaire, des phénomènes géologiques, mais des notations ponctuelles qui traduisent la plus ou moins grande capacité des lieux à fournir aux usagers ce qu’ils en attendaient.

L’adjectif aigre = âpre, infertile a donné son nom au quartier de l’Aigre (1613, sur les confins de Vidauban) et à son homonyme du Plan-de-la-Tour (1566, près des Vernades).

La même notion, peut-être jointe à la difficulté d’accès, est à l’origine de l’appellation du Val d’Enfer (1613, entre le Camp de la Suyère et Pignegut).

 

La pierre, omniprésente, est assez rarement signalée. On ne trouve, à la Garde-Freinet, aucun dérivé de plusieurs termes couramment utilisés dans des terroirs plus favorisés comme lou codou= caillou, lou grès = terrain graveleux, la lauvo ou lauso = pierre plate ou son synonyme la lèco. Un seul dérivé de peiro = pierre : le Paireguier (1715, au quartier de Camp-Vif) du provençal peireguié = terrain couvert de pierres.

Le mot clapié désigne aussi bien un éboulis naturel qu’un tas de pierre construit par la main de l’homme, résidu de l’épierrage d’un champ ou borne de propriété. Dans le contexte gardois, le second sens paraît plus probable dans les deux toponymes forgés sur ce terme : les Clapiés (1613, au quartier de Camp Long) et lou Clapier du Preyeur (1613, non localisé).

Son caractère parfois spectaculaire a assuré à la roche en place une meilleure représentation : les Roches Blanches, crête riche en filons de quartz blanc, est indiquée par la carte de l’I.G.N. ; mais la Roche (1613 au quartier des Vernades), la Roque Trauquade (= la roche percée, 1715, dans le haut du village), la Roco de l’Eure (1550, dans le vallon de Vanadal) et la Roche du Draq (1715, non localisé) ne semblent plus connues aujourd’hui, de même que le Rocher Blanq (1715, au quartier du Bramadou), le Rocher des Extelles (1715, entre les vallons du Débat et de Vanadal) et le Rocquas de Moustiers (1613, au quartier de Val Verdon). Tous ces noms ont pour origine le provençal roco , traduit par le français roche, et son dérivé roucas, traduit par le français rocher.

Le schiste friable qui forme l’essentiel du substrat rocheux est peu favorable à la formation de grottes naturelles ou artificielles. De fait, une seule baumo = grotte est signalée à la Garde-Freinet : la Baume (1613, à l’ouest du Fort Freinet, cavité dont la fouille a mis au jour des sépultures préhistoriques).

C’est probablement à l’abondance toute particulière du mica que deux toponymes dérivés du provençal belugo = étincelle doivent leur crétion : le Prat de Belugue (1613, au quartier du Rut, sous Camp Long) et le Vallon du Beluguier (1715, au quartier de Colle Dure, sur la limite du Plan-de-la-Tour).

On notera pour finir l’unique attestation du sable à l’Arenas (1715, vallon qui descend au nord du village), dérivé du provençal areno = sable.

 

Hormis les adrets et les ubacs signalés au chapitre du relief, les caractères climatiques ont été peu productifs dans la toponymie locale. Le vent, provençal auro, souffle partout, mais plus particulièrement à Toutaure (1815, colline qui domine le hameau des Plaines) et à l’Ubaq de Tranquelaure (1715, dans le vallon des Neuf-Riaux, dont presque tout le versant nord peut répondre au signalement de « fends le vent »).

Le froid a motivé l’appellation du cours inférieur du torrent qui descend le vallon du Débat, au pied du versant nord du massif : le Valat du Classon = du glaçon (1815).

Le quartier de la Nible (1715) porte bien son nom, formé sur le provençal nible = brouillard, car il est situé dans la dépression permienne, souvent brumeuse.

. Elisabeth SAUZE, archiviste, paléographe


Le coin des naturalistes

 L'arbre du mois : le mimosa ou acacia dealbata

De l’or en hiver !

 

Une floraison abondante et spectaculaire en hiver, un parfum entêtant qu’on associe aux célèbres parfumeries de Grasse, un symbole azuréen pour les touristes qui débarquent à l’aéroport de Nice, un prétexte aux corsos et autres fêtes qui fleurissent dans les communes des Maures, une espèce controversée que dénoncent les « écolos » … le mimosa c’est tout cela !

 

Mais qui connait vraiment le mimosa ? Peu de monde en vérité, tellement cette plante revêt de multiples facettes, tellement sont nombreuses les fausses vérités qui circulent à son encontre.

 

Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit qu’il y a un grand nombre d’espèces de mimosas de part le monde, la plupart originaires de l’Australie. Tous ces mimosas sont en fait des acacias et seuls quelques-uns sont appelés, en France, mimosas. Par exemple le mimosa des fleuristes est Acacia dealbata, le mimosa des quatre saisons est Acacia retinoides. L’arbre communément appelé acacia et à l’origine du miel du même nom est en réalité le robinier faux acacia et n’a rien à voir avec notre acacia-mimosa.

 


 

Acacia dealbata
Illustration: Conservatoire du Patrimoine

 

Le mimosa dit sauvage que l’on trouve un peu partout sur le littoral des Maures est Acacia dealbata. Il a été introduit dans le milieu du XIXème siècle pour l’industrie du parfum à Grasse. Mais comme l’arbre ne pousse que sur sol siliceux, c’est dans le Tanneron et dans les Maures qu’il a été planté en grand nombre. Il est dit sauvage car il se rencontre partout en forêt et surtout en fond de vallon mais en réalité il s’est naturalisé à partir des plantations. Très expansif, il est dit invasif et à ce titre est considéré comme une espèce nuisible à la biodiversité et à l’intégrité des paysages typiques des Maures.

.Denis HUIN, naturaliste

L'agenda

CE MOIS-CI AU CONSERVATOIRE...

> Exposition La verte forêt, photos de Michel Lecocq
à partir du 8 janvier
> Atelier cuir le samedi 29 janvier

... DANS LE RESTE DES MAURES

10èmes Rencontres "Histoire et Patrimoine du Maures"
Organisées par la commune du Plan-de-la-Tour, le Conservatoire du patrimoine du Freinet et le SIVU du Golfe de Saint-Tropez / Pays des Maures.

Programme de la journée:
- 9h30 accueil des participants

- 10h00 - 11h00 
« Des Provençaux esclaves à Alger, une enquête historique et généalogique » Albert Giraud, historien
« Cinq siècles de langue provençale en terre varoise, numéro spécial du bulletin de la Société d’Etude de Draguignan »
Pierre Gayrard, rédacteur en chef

« Venu des profondeurs terrestres, le granite du Plan de la Tour en révèle certaines caractéristiques » Edith Platelet, géologue, agrégée de l’université

- 11h00 - 12h00
« Présentation de l’Association des amis des moulins de Ramatuelle » Georges Franco, président
« Saint-Tropez : de la tour médiévale à la fortification bastionnée, solutions pour un usage de l’artillerie » Laurent Pavlidis, doctorant en histoire
« Présentation de l’APARE » Jean-Michel André, directeur secteur chantiers 

- 12h00 - 12h30
« Présentation de l’Association : Connaissance maritime » Michel Brémond, président
« La tour du Plan » Elisabeth Sauze, archiviste paléographe 

- 14h30 – 15h00
« Présentation du livre : Cavalaire d’antan » Association Mer Provence et Tradition
« Des fossiles dans les Maures : la paléo-vallée carbonifère de Grimaud-Le Plan de la Tour » Romain Garrouste, Muséum national d’Histoire Naturelle, UMR 7205 « origines, structure et évolution de la biodiversité »

- 15h00 - 16h00
« Minéralogie et cristallographie remarquables du massif des Maures » Christian Ginouvet, géophysicien

- 16h00
« La villégiature à Sainte-Maxime » Benjamin Krysic, architecte des Bâtiments de France

> Samedi 29 janvier - Foyer des campagnes du Plan de la Tour


.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

INSCRIPTION A LA LETTRE D'INFO

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