Lettre d'infos
Février

 

" Pour la santé de la planète,
évitez de manger trop transformé, trop emballé, trop transporté,
trop tout court."


Que s'est-il passé en janvier ?

La mise à jour du site internet

Suite à la parution de notre brochure 2011 fin décembre, le site internet du Conservatoire du Patrimoine est désormais à jour. Vous y retrouverez tout le détail de notre programmation de l'année : expos, conférences, balades, ateliers et stages, animations jeune public...
Visitez-le en cliquant sur "retour à l'accueil" en haut à droite de cette page.

Le coin des toponymistes

Les noms de lieux liés à la flore

La flore est l’un des thèmes les plus productifs de la toponymie. Riche en éléments remarquables et/ou spécifiques, donc susceptibles d’avoir servi à caractériser le site où ils se trouvaient, la végétation naturelle a, en outre, fourni d’abondants produits à l’industrie humaine : bois d’oeuvre et de chauffage, fruits (châtaignes et glands), herbages et ramées pour la nourriture du bétail, racines, écorces et feuillages pour l’artisanat.

 

Omniprésente, la forêt elle-même n’apparaît pas. On chercherait vainement dans le massif des Maures un toponyme forgé sur les mots forêt (mot français, dont l’équivalent provençal fourest ne désigne pas une formation arborée, mais un hameau ou une habitation isolée) et bois (provençal bos ou bouscas). Le provençal sèuvo, directement issu du latin silva, a été très peu employé. On n’en relève que deux occurrences, la Sauvette, point culminant du massif, à Collobrières et la colline de Siouvette à la Môle. Le Saut du Loup (1715, sur l’un des versants de Colle Dure) pourrait venir de l’ancien provençal saut issu du latin saltus, mais le sens initial du mot = forêt a dérivé vers l’acception = gorge, défilé, plus probable ici comme dans son homonyme situé entre la Nartelle et la Garonnette, sur le territoire de Sainte-Maxime.
 

Si l’on ne voit pas la forêt, on voit, en grande quantité, l’arbre.

Le sujet qui caractérise le Moulestre de L’Aubre (1715, non localisé) n’est pas un arbre (provençal aubre) quelconque, mais, poussé dans un terrain humide, un tremble ou peuplier blanc (provençal aubro), de même que les végétaux qui ont colonisé une parcelle appelée l’Aubroue (1715, dans le quartier des Plaines, d’un adjectif formé sur aubro avec le suffixe à valeur collective –oua, forme locale du provençal –ousa, latin –osa, français -euse). On trouve l’autre nom du même arbre, en provençal tremble ou tremoul, au quartier de la Trémoulède (1613, avec suffixe collectif –edo).
L’avelan, nom provençal du noisetier, a servi à dénommer deux quartiers de la Garde-Freinet,  l’un situé sur le versant nord de la colline de Peigros (l’Avellan, 1613), l’autre dans un petit vallon au sud du hameau des Plaines (l’Avellan, 1815).

A côté du noisetier, le curnié ou cornouiller est présent au quartier du Curnier (1549, sur le versant nord de Peigros).

Le baguié ou laurier, indigène sur le pourtour méditerranéen, forme dans les Maures de petits massifs nichés au creux de vallons à la fois chauds et humides. Il est à l’origine de la Bagarède (1549, avec suffixe collectif -edo) et de ses homonymes de Gassin et de Grimaud.

Frêne

Autre espèce caractéristique des milieux humides, le frêne, en provençal fraisse, a donné son nom au Fraisse (1613, près de la limite de Vidauban) et surtout au Freinet (latin Fraxus + suffixe collectif –etum), appellation sans doute antique, en tout cas attestée dès le Xe siècle, des deux actuels cantons de Grimaud et de Saint-Tropez (presqu’ile et bassins de la Giscle, du Refren et du Préconil) et utilisée jusqu’à la Révolution pour désigner le ressort de la baronnie de Grimaud. On a pris l’habitude, dès le XVe siècle, d’accoler ce nom à celui de la Garde pour distinguer, dans les documents administratifs, notre village de son homonyme, aujourd’hui disparu, situé dans la commune actuelle de Figanières.


                                                                            

. Elisabeth SAUZE, archiviste, paléographe


Le coin des naturalistes

 La plante du mois : le romarin ou Rosmarinus officinalis

Le romarin est un arbrisseau aromatique bien connu des cuisinières provençales pour les daubes et grillades. Avec cet hiver doux, il commence à présenter ses fleurs en épi bleu-violet, mais ne vous empressez pas pour la récolte, on les retrouvera jusqu’en mai. Cette plante de la famille des Lamiacées que l’on rencontre plus généralement sur sol calcaire, est présente sur quelques stations arides et rocailleuses des Maures. Elle est facilement reconnaissable à ses feuilles coriaces (repliées sur les bords du limbe) sans pétioles avec une très forte odeur de camphre.
 

En médecine, le romarin est connu pour être l’ami du foie et de la vésicule biliaire : il est  cholagogue, c'est-à-dire qu’il facilite l’évacuation de la bile, ce qui en fait une excellente plante digestive. C’est également une plante stimulante pour le système nerveux : il est utilisé pour soulager les tensions, les coups de fatigue et les déprimes passagères. Soyez prudent toutefois car à forte dose, il est  cardiotonique et donc déconseillé pour les personnes au cœur fragile(en décoction trop forte). Les Grecs l’utilisaient pour fortifier la mémoire et stimuler l’intellect ; les étudiants garderont donc précieusement quelques bouquets pour leurs périodes d’examens. Enfin, antirhumatismale, il est de bon usage de mélanger quelques gouttes d’huile essentielle à une huile neutre pour se masser les articulations. En phytothérapie, on utilisera les fleurs et/ou les feuilles.
 

C’est également une des premières fleurs mellifères de la saison et donnera, lorsque les abeilles auront fait leur œuvre, un miel très apprécié.
 

Attention depuis quelques années (sûrement depuis 86 !) les romarins et les thyms sont fortement radioactifs mais pour les habitants des Maures habitués à la présence du plutonium dans le massif, cela ne les troublera pas trop!

.Texte et illustration : Fabien TAMBOLONI, technicien forestier


L'agenda

CE MOIS-CI AU CONSERVATOIRE...

> Exposition La verte forêt
photos de Michel Lecocq - jusqu'au 1er avril
> Atelier paléographie le lundi 7 février avec Elisabeth Sauze, archiviste paléographe (cf article toponymie)
> Visite archéologique du Fort Freinet le samedi 19 février avec Anne-Marie Ledoux, archéologue
> Atelier cuir le samedi 26 février avec Cyril Sormani, artisan d'art

> Assemblée Générale de l'association le vendredi 11 février à 18h30 - salle des fêtes de la Garde-Freinet
 
... DANS LE RESTE DES MAURES

Journées Mondiales des Zones Humides
Les forêts vitales pour l'eau et les zones humides

- balades et découvertes des étangs de Villepey en calèche
- cours d'aquarelles naturalistes
- balades nature
- découverte de l'avifaune
- fabrication traditionnelle de canisses et d'objets en cannes de provence
- stands associatifs
- projections de films et de diaporama

> Les 5 et 6 février aux étangs de Villepey et la ferme des Esclamandes à Fréjus - Entrée libre
Plus de renseignements sur le site de la
ville de Fréjus



 
Journée bénévole pierre sèche à Ramatuelle
L'association de l'ARP ouvre la saison avec une journée sur le site de la Tourraque. Pour la 3ème année consécutive, des bénévoles travaillent pour construire l'amphi-restanque.
Au programme : débroussaillage et pose de pierres
Inscription libre - renseignements au 06.25.80.13.03.

> Le samedi 19 février à 9h - chemin de la Tourraque à Ramatuelle

Exposition Le vin dans l'Antiquité
Abritée du Mistral, bien arrosée et sol fertile, la baie de Cavalaire fut propice à la culture de la vigne importée par les colons romains à partir du Ier siècle avant J.C. Un siècle plus tard s'y développeront 4 domaines viitcoles à classer parmi les plus importants de la Provence antique.
> jusqu'au 28 février - la maison de la mer à Cavalaire

.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

INSCRIPTION A LA LETTRE D'INFO

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