Lettre d'infos
Mars

 

"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l'homme s'apercevra que l'argent ne se mange pas." proverbe indien
 


Que s'est-il passé en février ?

L'Assemblée Générale du Conservatoire

Vendredi 11 février, l'Assemblée Générale a donné lieu à l'élection du nouveau Conseil d'Administration, composé de dix membres. René Farge était démissionnaire de sa fonction de trésorier mais il a été nommé Président d'Honneur du Conservatoire, comme membre fondateur de l'association et pour les nombreux services qu'il a rendus.

Le coin des toponymistes

Les noms de lieux liés à la flore

L’orme, provençal oume, se rencontre aussi communément au bord des cours d’eau : l’Ome (1613, dans le vallon entre le Curnier et les Mourgues), le Cros de l’Houme (1613, en bordure de la plaine de Saint-Clément) ; il constitue aussi la plus ancienne connue des espèces ornementales, souvent plantée sur les places publiques : la Garde-Freinet a eu sa place des Trois Ormes (1613, 1715), actuelle place du Marché, dont l’appellation survit dans la rue adjacente dite rue de l’Ormeau.


Le saule, jadis planté et cultivé pour la vannerie, n’est généralement pas identifié sous sa forme provençale sauve : le Pas (ou gué) du Sauve (1715, entre Valverdun et Gagnal), le Pred du Sauve, d’où descend la règue du Sauve (1613, au nord de la colline de Rousset) ; il a été traduit au Pré du Saule (1613, entre la Lioure et Pontillaou). Une autre variété de la même espèce, appelée en provençal gourro a donné son nom au quartier de la Gourre (1613, en dessous des Mouliérettes).


Aux vallons humides appartient encore l’aune, dénommé en provençal verno. Il a donné son nom à la chartreuse de la Verne (1ère attestation en 1174), mais aussi au quartier des Vernades (1613, avec suffixe collectif –edo), à celui de la Vernatelle (1613, avec double suffixe collectif –edo et diminutif –elo) ainsi qu’à la rue de la Vernatelle (1715, non localisée, probablement au dessous de la fontaine). La toponymie locale conserve aussi l’ancien nom masculin du même arbre vern, éliminé du vocabulaire à cause de son homophonie avec l’adjectif verd = de couleur verte : le Vallon des Vers (1715, au quartier de Valverdun) et le quartier de Valverdun (1613) dont le nom associe au substantif val un adjectif dérivé de vern (confondu avec verd) au moyen du suffixe
–un.


Dernière espèce spécifique des terrains argileux et un peu frais, le peras ou perussié, poirier sauvage très épineux : le Perusier (1715, dans le vallon de Vanadal).

 

Des essences proprement forestières, la mieux représentée est le chêne blanc, sans doute parce que la plus exploitée (pour son bois et ses glands). On cherchera vainement la dénomination française « chêne ». Le provençal utilisait communément le mot

roure, équivalent du vieux français « rouvre » : les Trois Roures (1715, au quartier de Peigros), la Coste du Roure (1613, au quartier de la Castagnerède), le Cros du Roure (1715, actuellement Carbonière, au nord de la Moure), la Fontène du Roure (1715, au quartier du Bramadou), le Regont des Roures (1715, au quartier de Camp Long). Le collectif rouièro (roure + suffixe –ièro), très fréquent dans tout le massif, se trouve à la Rouière de la Ville (1613, entre Refren et Miremer) et à la Rouière Sourne (1550, dans le vallon de Vanadal, carastérisé par l’adjectif sourn = sombre, obscur).

Pour désigner le même arbre, l’ancien provençal utilisait un autre mot, qui n’est plus guère aujourd’hui compris : blaco. Il a donné les noms des quartiers de la Blaquière (1815, entre Vaucron et les Portètes, avec suffixe collectif -iero) et de la Blaquasière (1715, non localisé, avec double suffixe augmentatif –as et collectif –iero).


Le chêne-liège est abondamment représenté sous son nom provençal de suvé (du latin suber = liège) : Gros Suvé (1715), Pas de Suvé (1815), Maraisuvés (1715, non localisé, avec adjectif marai ou malai, pluriel de mau = mauvais). Sous forme collective, on trouve la Suyère (1815, au bord de la route de Vidauban), le Camp de la Suyère (1613) et le Suverellier (1549, colline à l’est du village, de suverèu = jeune chêne-liège + suffixe collectif –ié).


Le chêne-vert, moins fréquent mais prisé pour son bois très dur qui servait à fabriquer des manches d’outils et du charbon de bois, apparaît sous son nom provençal èuvé (français yeuse) dans Marovière, composé avec l’adjectif mau = mauvais et le suffixe collectif –iero. On le rencontre aussi sous son appellation populaire tousco dans les Jardins de la Tousque (1715, au quartier de la Lioure).

                                                       
 

. Elisabeth SAUZE, archiviste, paléographe


Le coin des naturalistes

L'insecte du mois : l'argus vert ou thécla de la ronce

Le retour des petites bêtes …

… au sol, parmi les feuilles pourrissantes ou la mousse bien verte, sous les feuilles, à l’abri de la pluie, sur les fleurs de nos jardins ou dans les collines. Avec le mois de mars, tout le petit monde des insectes et autres arthropodes s’activent, se multiplient, s’alimentent. Certains étaient déjà là, passant l’hiver comme ils le pouvaient, d’autres arrivent du sud, de pays plus chauds.

 

Les papillons sont parmi les plus spectaculaires de nos insectes. Peut être les plus connus aussi, autant dans leur diversité que dans leur biologie. Certains auront passé l’hiver sous forme d’œufs dans les rides profondes des écorces, d’autres sous forme de chrysalides bien cachées dans les feuilles mortes de la litière et d’autres encore sous leur forme adulte. Certains auront choisi des contrées plus clémentes pour passer l’hiver et nous reviennent, franchissant les cols pyrénéens ou traversant la vaste Méditerranée à tire d’ailes !

 


L'argus vert sur une feuille

L’argus vert aussi appelé thécla de la ronce est un très beau papillon visible - en tant qu’adulte volant et butinant - à partir de la mi-mars. La chenille vit sur la ronce bien-sûr mais aussi sur le thym blanc et le genêt spartier par exemple.

L’adulte se distingue par le pourtour blanc de ses yeux, bien visible sur la photo, qui le différencie d’une autre thécla verte, la thécla de l’arbousier.  Cherchez des lavandes des îles - notre lavande des Maures - en fleur, vous le verrez certainement affairé à aspirer le nectar.

. Texte : Denis HUIN, naturaliste
    Photo : Raoul FONQUERGNE


L'agenda

CE MOIS-CI AU CONSERVATOIRE...

Exposition sur les traces de Malpasset

Photos de Michel Eisenlohr exposées dans la chapelle St Jean
> du 26 février au 26 mars

Pour les balades, stages et ateliers, reportez-vous à notre calendrier en ligne.

Deux conférences qui font le lien avec les expos actuelles :

La photographie d'arbres
par Michel Lecocq
> le vendredi 11 mars à 18h30 - salle des fêtes de la Garde-Freinet

Projection du film Malpasset
suivie de témoignages des fondateurs de l'association ACC de Malpasset
> le samedi 19 mars à 20h - Maison des Associations de la Garde-Freinet
 

... DANS LE RESTE DES MAURES

Pierre sèche à Ramatuelle
L'association de l'ARP organise une journée bénévole sur le site de la Tourraque. Au programme: débroussaillage et pose de pierres pour construire l'amphi-restanque.
> samedi 12 mars à 9h - chemin de la Tourraque à Ramatuelle
inscription libre - Plus de renseignements au 06 25 80 13 03


Fréquence Grenouille: découverte des batraciens
Soirée de découverte des batraciens du Var et sensibilisation à leurs sites de reproduction. Diaporama de présentation des espèces et des chants en début de soirée, puis sortie nocturne à la recherche des espèces, au pied du massif des Maures.
> samedi 26 mars - RV à la Maison de la Nature des Mayons à 19h
Plus de renseignements au 04 94 50 38 39


Exposition Arbre et mouvement végétal

L’année 2011 a été proclamée année internationale de la forêt par l’Assemblée Générale des Nations Unies. A l’approche du printemps, un hommage tout particulier sera donc rendu aux arbres. Isabelle Bazelaire et Isabelle Aubry, deux artistes plasticiennes, exposeront leurs œuvres, pendant que le reste de la Médiathèque vibrera sous les chuchotements des feuilles et des arbres dans la littérature. Une partie de l’exposition sera plus particulièrement destinée aux enfants qui pourront découvrir l’arbre « dans tout ses états ».
> du 1er au 26 mars à la médiathèque de Cavalaire - Entrée libre
 

Exposition La forêt qui se cache dans l’arbre qui se cache...
Daniel van de Velde, artiste plasticien, expose  ses sculptures réalisées à partir de tronc d'arbres évidés, qui se veulent en "apnée", comme suspendues et déracinées.
> du  26 février au 31 mars au Carré Gaumont à Ste Maxime.

ça continue...
 

Exposition Du cabanon à la villa, évolution de l'habitat provençal

Cette exposition propose d'aborder les différentes manières d'habiter au cours des époques passées: depuis l'Age du Fer jusqu'à nos jours. Comment les maisons ont évoluées, quels sont les permanences et les changements dans les aménagements, les types de construction, les matériaux... L'utilisation de l'eau, l’hygiène, l'arrivée de l'électricité et l'éclairage complète cette exposition.
> Tout le mois - musée municipal des Arts et Traditions Populaires de Grimaud - Entrée gratuite.
 

 


.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

INSCRIPTION A LA LETTRE D'INFO

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