Lettre d'infos
Avril 2011

 

"Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus"
Ralph Waldo Emerson


Que s'est-il passé en mars ?

Conférence la photographie d'arbres

Partant de l'exposition la verte forêt, le photographe Michel Lecocq nous a fait l'honneur de partager son travail en tant que photographe de nature en général et d'arbres, en particulier. Il a expliqué ce qui l'a amené à s'intéresser à ce sujet si commun dans nos contrées, si photogénique et à la fois si difficile à mettre en valeur sur un cliché.

Rencontre toute en finesse avec un artiste qui exposera en 2011 dans différents endroits du département.
Pour en savoir plus : www.imago-michel.com

Le coin des toponymistes

Les noms de lieux liés à la flore

Le pin maritime, aujourd’hui limité à quelques colonies sur le versant nord du massif, couvrait, jusque dans les années 1960, la majeure partie des pentes et fournissait en bois d’oeuvre les chantiers navals du littoral. La toponymie gardoise signale quelques exemplaires remarquables : le Bon pin (1715, au quartier des Neuf-Riaux), le Petit Pin (1613, dans le haut du village, près de l’actuelle place des Aires) et les Pinets (1613, au quartier de Refren, probablement une jeune colonie, qui a perdu son nom en grandissant).
 

Le maquis n’est pas mieux représenté. On ne trouve à son propos que Mal Buisson (1613, quartier inculte entre Pignegut et Val d’Enfer), qui désigne sans doute un fourré particulièrement dense et épineux et la Plène du Bouis (1715, aux environs du Camp de la Suyère).


Paysage de maquis
 

Le maquis, comme la forêt, apparaît peu en tant que tel. On notera cependant deux dérivés de l’adjectif gast = inculte, qualificatif couramment utilisé autrefois pour désigner les espaces sauvages demeurés collectifs, la terro gasto. Deux lieux-dits Langastoua, l’un sur les confins de Vidauban et du Plan-de-la-Tour, l’autre sur les confins de Grimaud, entre les vallons de Val Daubert et des Sinières, tous deux cités en 1613, perpétuent un dérivé de gast avec le suffixe –oua, forme locale du provençal –ouso, qui a subi l’attraction du substantif langasto = sauterelle, mais dont les formes les plus anciennes, la Gastosa (1444), la Gastoha (1516) renvoient bien à gast. Un autre dérivé du même mot, le provençal gastaio, survit dans la Grant Gastagne (1815, partie supérieure du vallon du Débat).
 

Quelques espèces arbustives sont signalées :

 

- le prunellier, spontané et particulièrement dense dans les fonds de vallon humides, à l’Agrenas (1715, entre Vaucron et Langastoua) 

 

- l’arbousier, autrefois exploité pour sa richesse en tanin, au Cros du Darbousier (1715, entre les Cabrettes et Colle Dure)

Arbousier

- le provençal bouis, à la Plène du Bouis (1715, près du Camp de la Suyère), ne désigne évidemment pas le buis, complètement absent de la flore locale, mais probablement le filaire 


Filaire

-    - la bruyère, particulièrement abondante, apparaît sous sa forme la plus ancienne, lou brusc, dans le Brusquet (1613, entre les Cabrettes et Vaulonguette, avec suffixe collectif –et) et sous une forme plus récente, lou brugas, dans Brugassier (1613, avec suffixe collectif –ié

     - le cade ou génévrier oxycèdre au Quade (1715, proche du précédent) 


Cade

-   - le ginest ou genêt au Ginestier (1613, au quartier des Calanques, avec suffixe collectif –ié)

-   - le provençal nerto, qu’on traduit habituellement par le français myrte, désignait jadis toutes sortes d’arbustes exploités, comme l’arbousier, pour le tanin, au Nartasier (1715, au quartier des Portètes) et au Nartasier (1613, près de Camp-Vif, tous deux avec suffixe collectif –ié).

. Elisabeth SAUZE, archiviste, paléographe


Le coin des naturalistes

La plante du mois : la violette, viola odorata L


Violettes en fleurs

Ca y est, le printemps est bien là ! Si vous allez vous promener dans les sous-bois encore defeuillés, laissez-vous enivrer par le doux parfum des violettes qui percent sous la litière. Cette plante était sacrée chez les Grecs. Son nom lui vient de la nymphe io qui fut aimée de zeus. Elle symbolise d’autant plus l’amour et l’arrivée tant attendue du printemps qu'offrir un bouquet de violette (amour secret) c'est déclarer sa flamme à sa bien-aimée… sans doute parce qu’on lui prêtait des vertus odorantes aphrodisiaques ou plus simplement en raison de ses feuilles cordiformes!

Les violettes ont été récoltées et cultivées pendant plusieurs siècles pour la parfumerie, mais elle s'est vue remplacée par la racine d’iris qui présente une odeur similaire mais est beaucoup plus rentable.

Médicinalement, les fleurs de violette sont utilisées contre les maux de gorge et la toux qui, en ce changement de saison, peuvent nous surprendre (tisanes ou sirop de fleurs et feuilles). Les fleurs sont également sudorifiques. On leurs a accordé pendant longtemps des vertus contre l'insomnie et la mélancolie. L’eau de violette, quant à elle, est utilisée contre les infections de peaux et les acnés.

Les violettes sont comestibles (fleurs et feuilles. Les racines sont émétiques). Pour étonner agréablement vos amis, agrémentez vos salades vertes de fleurs violettes, c'est surprenant. On peut également réaliser des violettes confites pour les desserts mais sa mise en œuvre et un  peu plus délicate. Mucilagineuses, les feuilles de violette donneront de la consistance à vos potage de fleurs sauvages.
 

 

















Io, nymphe grecque
. Texte et photo : Fabien TAMBOLONI, forestier et naturaliste


L'agenda

AU CONSERVATOIRE DU PATRIMOINE

Pour connaître les balades, stages et ateliers du mois d'avril, reportez-vous au calendrier de notre site.
 
AVIS AUX AMATEURS
Pour l'exposition sur les vers à soie qui débutera le 3 mai prochain, nous recherchons un(e) stagiaire qui pourrait, durant les 2 mois que dure l'élevage, s'occuper de ces petites bêtes. D'autres tâches en lien avec l'élevage (ex: prise de vue, animation) pourront être attribuées au stagiaire, selon le profil.
Si intéressé, nous contacter au 04 94 43 08 57
 
... DANS LE RESTE DES MAURES

Conférence Evolution de l'environnement provençal depuis trois siècles
par Edith Platelet, géologue
> vendredi 8 avril à 18h30 - salle des Mouffus, boulevard Carnot à Collobrières
 

Exposition proposée par l’association Patrimoine Tropézien
Les fortifications du Golfe de St Tropez

L’amateur de patrimoines fortifiés, ou plus simplement l’amoureux de beaux paysages peut découvrir dans cette petite partie du massif des Maures un bel éventail de fortifications allant de l’âge du Fer - voire de l’âge du Bronze - jusqu’à la première moitié du XXe siècle.

L’objectif de cette exposition n’est pas de dresser un inventaire complet de ce patrimoine mais plutôt d’attirer l’attention sur un certain nombre d’édifices plus discrets. Vaste citadelle ou modestes traces de remparts constituent un ensemble qu’il convient de protéger et de faire découvrir à l’heure où le tourisme est de plus en plus ouvert aux questions patrimoniales.

> Exposition Du 12 au 25 avril de 10h à 12h30 et de 16h à 18h30- salle Jean Despas à St Tropez - entrée libre
Inauguration :  le lundi 11avril à 18H30

Exposition Printemps du durable 2011
La Communauté de Communes Coeur du Var présente une exposition interactive dédiée à la forêt de chênes liège, dans le cadre de l'année internationale des forêts. Des ateliers et des balades en lien avec le développement durable, seront proposés gratuitement aux petits et grands.
Plus d'informations sur www.coeurduvar.com
> Du 1er avril au 16 mai - Le Luc

.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

INSCRIPTION A LA LETTRE D'INFO

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