Lettre d'infos
novembre

 

" Rien n'a plus de valeur qu'aujourd'hui "
Johann Wolfgang Von Goethe


Que s'est-il passé en octobre?

Causerie sur la châtaigne

Dimanche 23 octobre, jour de la fête de la châtaigne, Paul Preire a présenté un diaporama afin de donner un regard sur la châtaigne et le châtaignier du massif des Maures, sujet qui a mobilisé un petit groupe de personnes.


Photo : Hélène Preire

L'entretien de sites

Comme chaque année, à raison de quelques journées de travail, les jeunes de l’IME de Sylvabelle à la Croix-Valmer, le service Patrimoine de la commune de la Garde-Freinet et des bénévoles du Conservatoire du Patrimoine assurent le suivi des sites de la Garde-Freinet  qui ont été restaurés ou qui ont fait l’objet d’une intervention. Ainsi,  cet entretien régulier assure un bon état de conservation des ouvrages et maintient des conditions d’accès satisfaisantes.

Au mois d’octobre dernier, c’est le site du moulin à eau de Blanche (chantier de 2001 à 2004) qui a bénéficié de nos soins avec au programme : débroussaillage, petit élagage, désherbage des murs du bâtiment principal ; les jeunes ont réparés quelques marches en bois du chemin aménagé dans la pente ; ils ont débarrassé le lit du ruisseau de ce qui ne lui appartenait pas et protégé les plants de fruitiers sauvages installés à la fin  du chantier.


Les jeunes de l'IME au travail
















 


Moulin de Blanche

A venir : l’amélioration du sentier ouvert l’été 2010 et la fin du balisage entre le village et le moulin.

Illustrations : Laurent Boudinot


Une expérience rare : la charbonnière

Montage de la meule

En ce mois d’octobre, des bûcherons s’affairent dans la forêt de Fayet. Plus précisément, ils sont dans les bois de l’Espace Naturel Sensible (ENS) de Siounet sur la commune de Comps-sur-Artuby. Un ENS est une propriété du Conseil général du Var, un espace préservé pour les générations présentes et futures. L’intérêt ici, est que le lieu était pratiqué par le dernier charbonnier du Var, l’un des derniers de France, Dominique Guipponi, aujourd’hui à la retraite.
Et s’il y a tant d’agitation dans cette forêt, c’est que le Conseil général et notamment le responsable local, Alain Fabre, organisent la mise en route de deux charbonnières.

Voila le déroulement, étape par étape :

1 -  Deux  fois 25 stères de bois, du chêne blanc essentiellement, ont été coupées et déposées là. Deux meules - le nom donné au « tas » de bois soigneusement arrangé autour d’une cheminée - sont montées. C’est une équipe de l’ONF, qui a été formée à « l’école  Guipponi » qui s’en charge.

2 - Une fois les meules en forme de « dos de tortue », c’est le recouvrement par des branchages fins et feuillés (du buis par exemple) puis par de la terre. Si le recouvrement est bien fait, il peut pleuvoir sans risque!


Cheminée


Finitions : dos de tortue

3 – Des pelletées de braises sont déposées par le haut de la cheminée. Quand la base brûle, des petits morceaux de bois sont entassés dans la cheminée et la carbonisation ("la cuisson" disent les charbonniers) peut commencer. Une fumée épaisse et blanche s’échappe de la meule, d’abord par le bas puis progressivement par le haut. Quand une fumée bleue est visible c’est que le charbon est fait. Six jours peuvent être nécessaires pour cuire toute la meule. L’étape est cruciale et demande une surveillance constante, jour et nuit.


Charbonniers au travail

4 – Le nettoyage consiste à enlever la terre et les branchages pour dégager la meule charbonnée. Au fur et à mesure du dégagement des morceaux de charbons, il faut jeter de la terre et parfois arroser ce qui reste de la meule pour étouffer la combustion ("tuer le charbon" disent les charbonniers). L’opération se fait idéalement au crépuscule, pour mieux voir les morceaux rougeoyants.

5 - Dernière opération : la mise en sac. A faire délicatement pour préserver les gros morceaux qui sont le gage d’un prix de vente plus élevé.

L’opération est finie bien-sûr, mais sur le site il subsiste les restes des deux charbonnières : deux ronds de terre noire. Il reste aussi une petite meule de démonstration, ouvert sur un quart qui permet de comprendre l’organisation interne de la meule.

Il reste aussi la forêt de Fayet et le beau site du Siounet avec entre autre, une belle doline percée.

Donc n’hésitez pas à y monter, c’est à 4 km après avoir passé le village de Comps-sur-Artuby, en direction d’Aiguines par la D71.

De telles charbonnières étaient faites dans les Maures jadis comme en témoignent les ronds de terre noire croisés de temps à autre sur le bord des pistes et des sentiers. Une charbonnière de démonstration avait été montée, en son temps, près de la retenue du Lambert, sur le plateau du même nom près de Collobrières. Autre lien avec les Maures, Dominique Guipponi, qui vendait son charbon jusqu’à Marseille, Nice et Saint Tropez se rappelle très bien le jour où il a été invité par une grande célébrité, Brigitte Bardot.
. Texte et illustrations de Denis HUIN : guide naturaliste et ornithologue


Le coin des toponymistes

Les noms de lieux liés à l'habitat
Partie I : l'habitat groupé (suite)

Le provençal bastido, issu du latin bastita (participe passé du verbe bastire, qui a donné le français bâtir), avait initialement le sens spécifique de « fortification ». Ce mot, qui n’apparaît pas avant le XIIIe siècle, a servi à désigner deux petites agglomérations : la Bastide de Sainte-Maxime (Bastida de Sancta Maxima en 1274), plus souvent appelée la Bastide de Miramars (Bastida de Miramarsio en 1323), petit castrum établi sous l’oppidum de Saint-Peyre au Plan-de-la-Tour et déserté avant la fin du XVe siècle.

Le provençal bourg s’appliquait tout spécialement aux faubourgs ou quartier neufs édifiés en dehors des périmètres fortifiés des agglomérations. On rencontre ce terme dès le XIIe siècle dans les grandes villes de la région (Arles, Marseille etc.). Dans les villages du Freinet, à la croissance moins rapide, il apparaît au début du XVe siècle à Grimaud, où existaient un Burgus (entre l’acuelle porte du château et l’église) en 1401 et un Borc Nou (= bourg neuf, extension vers l’actuel cimetière)) en 1432. Le Borc de Gassin (partie ouest du village actuel) est cité à partir de 1402, celui de Cogolin (partie la plus ancienne du village actuel) à partir de 1440.

Le dérivé borgada, bourgado = bourgade avait le même sens et fut utilisé pour distinguer les nouvelles extensions à partir du XVIe siècle à Gassin (1516) et à Saint-Tropez (la Bourgade, quartier de part et d’autre de la rue Allard, 1710, et la Bourgade de Saint-Roch, quartier entre la citadelle et la place des Lices, 1710).
. Elisabeth SAUZE: archiviste et paléographe

Le coin des naturalistes

L'Etourneau sansonnet

Un nuage d’oiseaux dans le ciel des Maures...

Un groupe dense d’oiseaux sombres, des mouvements d’ensemble rappelant un banc d’anchois en pleine mer, les oiseaux semblent hésiter, vont-ils se poser ? Poursuivent-ils leur périple aérien ? Une scène habituelle dans nos campagnes des Maures en hiver.

En fin de journée dans les platanes alignés, un va et vient incessant dans le feuillage jauni de novembre, des cris variés et qui se mêlent en un bruit de fond, des chutes innombrables de fientes qu’il faut absolument éviter. Une scène habituelle dans nos villes et villages à partir de la fin octobre.

Deux scènes, deux lieux, une seule et même espèce : l’Etourneau sansonnet.


Etourneau sansonnet
photo : Christian BURY

L’espèce niche un peu partout en France ; elle est moins commune par chez nous. C’est en automne que les migrateurs rejoignent les Maures et d’une manière générale la Provence et tout le sud de la France. Les oiseaux sont grégaires et se rassemblent en troupes parfois très nombreuses.  Une fois à terre ou perchés dans les arbres, leurs couleurs deviennent plus facilement visibles. Ils ne sont pas noirs :

  • Les adultes arborent un plumage noir perlé de blanc du plus bel effet. Des reflets pourprés et verts égayent l’ensemble.
  • Les jeunes ont la tête et le dessus brun - gris. Seul le dessous, le ventre, est noir perlé de blanc comme pour les adultes.

Si par chance, dans le groupe, vous observez un étourneau entièrement noir, sans perle, sans reflet c’est que vous êtes devant un Etourneau unicolore, rare mais possible dans les Maures.

. Denis HUIN: guide naturaliste et ornithologue


L'agenda

Le Conservatoire du Patrimoine organise...

Balade
Coup de projecteur sur la plage des Salins


Les Maures ne sont pas que des collines couvertes de chênes lièges ou de maquis ! Ce sont aussi des côtes parfois rocheuses, parfois sableuses.
Les Salins, au bout de la presqu'île de St Tropez en sont un exemple particulièrement caractéristique.  Nous verrons une belle plage souvent recouverte de banquette de posidonies, des dunes avec une flore rare, un ancien salin et la sansouire, une côte rocheuse découpée et couverte par l'oléolentisque et enfin une "extension" maritime avec l'ilôt de la Tête de Chien où viennent des centaines de cormorans.
Votre guide: Denis HUIN, naturaliste et ornithologue


> samedi 12 novembre à 9h - Plage des Salins
Inscriptions au 04 94 43 08 57
 


Grand cormoran
Photo : A Joyeux

Pour connaître les balades, stages et ateliers du mois, rendez-vous notre site.


Dans le reste des Maures...

Visite thématique
L'environnement naturel et sauvage au Domaine du Rayol
Au cours de la balade, vous découvrirez la biodiversité du maquis et les liens étroits qui relient l'homme, la flore et la faune de Provence: plantes comestibles, lavandes, plantes du littoral, insectes pollinisateurs et bien d'autres thèmes seront abordés.
> vendredi 18 novembre à 14h - Domaine du Rayol
Inscription au
04 98 04 44 00
 
Chantier grand public
L'ARP, association Apprentissage Rencontre et Patrimoine, organise un chantier sur la commune de Ramatuelle. Au programme: débroussaillement d'un ensemble de restanques sur le lieu dit l’amphi-restanque de la Tourraque, sur les terrains du Conservatoire du Littoral. La restauration de murets endommagés par les sangliers y est prévue.
Chantier qui s'adresse aux adultes uniquement. 
> samedi 19 novembre de 9h à 17h - pique nique offert par l'association
Renseignements et inscriptions au 06 25 80 13 03

 
Ateliers et formations
Jardins naturels, alternatives écologiques
Pour apprendre à développer les méthodes écologiques pour cultiver son jardin, en respectant le cycle des saisons, en favorisant la faune, en limitant les intrants...
Durée: 1 jour / tarifs: individuel 60€; réduit 40€; professionnel 180€
> mercredi 16 novembre au Domaine du Rayol


Les plantes sauvages comestibles en méditerranée
Pour apprendre à reconnaître les principales espèces sauvages comestibles que l'on croise dans la nature et dans les jardins
Durée: 1 jour / tarifs: individuel 60€; réduit 40€; professionnel 180€
> samedi 26 novembre au Domaine du Rayol
Plus de renseignements au
04 98 04 44 00


Photo : Domaine du Rayol

Conférences
L’âge du fer dans le Var
L'archéologue Jacques Berato du Centre Archéologique du Var, présentera une conférence sur l'âge du Fer dans le Var (-800 / -100  avant JC). Grand spécialiste de cette période, il proposera un diaporama expliquant la vie quotidienne de ces populations d’avant l'arrivée des Romains, comment étaient organisés ces sites perchés (les oppidums) et plein d'autres thématiques passionnantes pour mieux comprendre l'histoire de notre région.
> mercredi 2 novembre à 18h30- salle Beausoleil à Grimaud - Entrée libre
Plus de renseignements au 04 94 43 39 29 ou 04 94 55 43 83

Cette conférence est un report du 25 octobre, n'ayant pu avoir lieu à cause des intempéries

Récipient en métal forgé
Géologie
L'espace hyérois révèle d'autres continents et océans pendant plus de 400 millions d'années
Par Edith PLATELET, géologue

> lundi 21 novembre à 14h30 - Parc Hôtel à Hyères

.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

INSCRIPTION A LA LETTRE D'INFO

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