Lettre d'info
Décembre

 

Se Desèmbre fa de troun,
L'ivèr sera pas capoun.

Si décembre fait des orages,
Les températures de l'hiver seront sages.

(Traduction : Paul Preire)


QUE S'EST-IL PASSE EN NOVEMBRE ?

Les nouvelles animations jeune public du Conservatoire du Patrimoine ont le vent en poupe!
Cette année, le catalogue jeune public compte 4 nouvelles animations parmi lesquelles 3 ont eu du succès dès ce mois de novembre auprès des écoles comme des centres de loisirs : les mouches à miel sur le métier d'apiculteur, les vanniers en herbe pour une initiation au tressage de fibres végétales locales comme le jonc et 100% mohair ou la visite d'un élevage de chèvres dans la plaine des Mayons. Une nouvelle animation s'est créée depuis la rentrée des classes de septembre : un atelier de confection de marionnettes avec des éléments sélectionnés par les enfants eux-mêmes dans la nature.

Les mouches à miel  


100% mohair

Les vanniers en herbe


Atelier confection de marionnettes

LE COIN DES TOPONYMISTES

Le relief (6ème partie)
 

Il y a peu de surfaces planes dans le pays du Freinet. Exception faite de la dépression permienne et des plaines littorales formées autour des estuaires de la Giscle, du Préconil et autres petits fleuves côtiers, on ne trouve guère que d’étroits fonds de vallée, dont le plus vaste environne le Plan-de-la-Tour, et de petits plateaux suspendus entre des vallons. Toutes, même les plus exigües, ont été autrefois mises en culture et ont donc reçu un nom. Les toponymes qui leur sont consacrés utilisent néanmoins un vocabulaire assez pauvre et l’on trouve parmi eux surtout des composés.

Au premier rang des termes usités, le provençal plano, doit son succès à sa proximité du français « plaine », qui l’a presque partout remplacé dans l’usage local. Au singulier, il désigne souvent un espace si réduit qu’on lui a donné pour déterminant le nom du propriétaire qui l’exploitait : la Plaine de Bauc (1613, sur la limite de Grimaud), la Plaine de Contestin (1613, non localisé), la Plène de Brenguairon (1715, dans le quartier de la Castagnarède au sud du village), la Plène de Maisonier (1715, sur le bord sud du plateau de Saint-Clément), la Plène de Preston (1715, sur les confins de Vidauban), la Plène de Quaisan (1715, au quartier des Plaines), la Plène de Roubaut (1715, au quartier de Val Verdun), la Plène de Verre (1715, entre la Court et Val verdun), la Plène du Quantadou (1715, au sud du col de Vignon). La surface désignée paraît être plus spacieuse quand le déterminant est un autre nom de lieu : la Plaine de Langastoua (1613, entre les vallons descendant de Val Daubert et des Sinières),  la Plène de Saint-Elloi (1715, actuel stade), la Plène de l’Ordière (1715, entre Rousset et les Vernades), la Plène du Bouis (1715, aux environs du Camp de la Suyère). Notons encore la Plène Gaugoue (1715, près de la Moure), étendue caillouteuse analogue (et peut-être utilisée comme telle ?) à une aire de battage (de l’ancien provençal caucar = battre, fouler). Sans déterminant, mais au pluriel pour indiquer l’étendue remarquable de ce quartier bien connu, qui a focalisé l’habitat d’un des principaux écarts de la Garde-Freinet, les Plaines (las Plannas en 1613, les Plènes en 1715). Deux diminutifs, enfin : la Planette, (1815, petite esplanade à l’extrémité nord du village) et la Planone (1815, fond de vallon près des Portètes).

La forme féminine qu’on vient de voir a presque complètement éclipsé le masculin plan, d’emploi général jusqu’à la fin du Moyen-âge. Cette forme masculine n’a pas laissé de trace dans la toponymie gardoise, qu’on ne connaît qu’à partir du milieu de XVIe  siècle. Mais à titre d’exemple, il suffit de citer le nom du Plan-de-la-Tour, qui fut jusqu’au XVIIIe siècle un écart de la Garde-Freinet.

Le parler local, ici comme partout en Provence, utilise encore le mot iero ou sa version française « aire » pour désigner toute surface plane de petites dimensions. Lorsqu’il ne signale pas le terrain aménagé jadis pour battre le grain, le terme s’applique à tout replat suspendu sur la crête ou le versant d’un relief : l’Aire de Lagu (1715, zone plate sur la crête des Roches-Blanches) ; l’Hière d’Empieigne (1613, petit sommet plat au sud de Lautourière) ; l’Hière de Piarre (1613, au quartier de la Bagarède) ; l’Ière d’Abeille (1715, non localisée) ; l’Ière d’Anterras (1613, au quartier de Vaucron) ; l’Ière de Cugullat (1715, au quartier de la Lioure) ; l’Ière de la Croix (1715, sur la colline à l’est du village) ; l’Ière de Porquier (1613, à l’est de Colle-Dure) ; l’Yère de Lengastoa (1613, aujourd’hui la Plaine de Lengastoue) ; l’Ière du Pas du Suvé (1715, non localisé). Comme pour les plaines, le déterminant employé pour individualiser chacun de ces espaces est tantôt un nom de lieu, tantôt un nom de personne. Le diminutif ireto a donné son nom au quartier des Eyrètes (las Airettos en 1613, les Airettes en 1715).
.Elisabeth SAUZE, archiviste, paléographe


LE COIN DES NATURALISTES

L'arbre du mois : l'arbousier

Un véritable arbre de Noël en plein maquis, tel est l’arbousier en ce moment. Couvert de fleurs blanches, de fruits verts, jaunes et rouges, l’arbre ne passe pas inaperçu ! Les hivers étant de plus en plus doux et la pluie étant revenue ces dernières années, notre arbousier en profite pour multiplier les floraisons et par conséquent, la succession de fruits.

L’arbousier est un petit arbre caractéristique des zones méditerranéennes. Ainsi il est adapté à vite réagir quand les bonnes conditions - en l'occurence la pluie  - sont là. Il pousse, fleurit et fructifie dès que les conditions sont bonnes ; il rentre en repos - en survivance - dès l’arrivée des grosses chaleurs et de la sécheresse estivales.

 











 

                             
                                                            Fleurs d'arbousier


Arbouses et fleurs d'arbousier

.Texte : Denis HUIN, naturaliste
  Illustrations : Raoul FONQUERGNE, photographe passionné

Botaniquement, l’arbousier, nommé savamment Arbutus unedo, est à rattacher à la famille des bruyères, autrement dit des Ericacées. Il est donc proche de la bruyère arborescente (dite aussi bruyère blanche), de la bruyère à balai et de la callune (dite aussi bruyère rose). Cette proximité botanique n’est pas évidente à première vue. Les feuilles de notre arbousier sont larges quand les feuilles des autres bruyères sont si menues ! C’est dans les fleurs que les botanistes ont vu des similitudes. C’est également dans le bois, l’écorce et surtout la « souche » qu’il y a des ressemblances évidentes. Comme pour la bruyère arborescente, la « souche » de l’arbousier est un tronc court, massif et à peine visible à la surface du sol. C’est en fait un véritable organe de réserve en eau et en nutriments facilitant la vie de la plante pendant la mauvaise saison estivale. C’est aussi le garant de la survie de la plante en cas d’incendie car son bois est ignifuge. 

LE COIN CUISINE

Le miel d'arbousier

Selon les descriptions de la plupart des consommateurs, les miels sont plus ou moins parfumés, mais toujours... sucrés. Mais il faut se rendre à l'évidence, le miel d'arbousier constitue une exception: il est amer.

Récolte
: courant novembre. Il est conseillé de ne pas trop attendre pour procéder à la récolte car les frimas (brouillard froid qui se congèle en tombant) de l'hiver peuvent survenir très vite.
Couleur : sombre, presque noir à la récolte. Marron tirant vers le brun une fois solide.
Parfum et saveur : les effluves sont puissants mais très agréables. En revanche, la saveur surprend en raison d'une amertume inhabituelle. Une fois passé ce premier contact, le goût épicé aux fragrances orientales séduit les amoureux de miels robustes, de plus en plus nombreux.
Caractéristiques : le miel d'arbousier est recherché pour son amertume par les fabricants de vinaigre de miel auquel il apporte une saveur incomparable.

Le saviez-vous?
Durant très longtmeps et encore souvent aujourd'hui, ce miel n'était pas récolté. Considéré comme invendable car trop amer, il constituait les réserves d'hiver des colonies d'abeilles qui s'en nourrissaient au fil des mois. Aujourd'hui, le consommateur privilégie les miels plus marqués au goût; l'avenir de ce miel paraît donc plus prometteur. Paradoxalement, le fruit de l'arbousier étonne par sa fadeur. Commercialisée notamment en Corse, la confiture d'arbouses est très douce.

Source : le Traité rustica de l'Apiculture - Rustica Editions
 
Recette : poulet au miel d'arbousier et au safran (pour 4 personnes)
Ingrédients

>
4 cuisses de poulet
> 2 oignons
> 2 c. à s. de miel d'arbousier
> 25 filaments de safran
> 4 c. à s. de raisins secs blonds
> 2 c. à s. de pignons de pin
> 10 grains de poivre
> 2 feuilles de laurier
> 60 cl de bouillon de volaille
> huile d'olive
> sel

Préparation

Emincez l'oignon.
Faites chauffer un peu d'huile dans une cocotte. Faites-y dorer les cuisses de poulet. Retirez les cuisses et faites fondre les oignons dans la cocotte.
Mouillez avec le bouillon et ajoutez le laurier, les raisins, le safran, 2 pincées de sel et les cuisses de poulet.
Couvrez et laissez mijoter 25 minutes.
Faites dorer les pignons à sec dans une poêle.
Découvrez le poulet, délayez le miel dans la sauce et laissez quelques minutes sur le feu pour que la sauce réduise de moitié environ.
Ajoutez les pignons, un tour de moulin de poivre, mélangez et servez aussitôt.

 


L'AGENDA

CE MOIS-CI AU CONSERVATOIRE

> Exposition La châtaigneraie jusqu'au 31 décembre 2010


DANS LE RESTE DES MAURES

Découverte des oiseaux
Organisé par l'espace nature des Salins d'Hyères
Renseignements au 04 94 01 09 77
> samedi 4, mercredi 8 et vendredi 10 décembre

 

Joyeux Noël et bon bout d'an !


.Document réalisé par Céline Pain, chargée de communication du Conservatoire du Patrimoine

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